Jean-Paul Friol

(1948 - 2011)

oeuvre sur papier

Papier 082

Collage, papier soie, encre (73 x 61)450

1991

Papier collé 005

Collage, papier soie, encre (50 x 75)450

1991

Papier collé 135

Collage, kraft, email à froid, acrylique (72 x 50)450

1995

Papier collé 178

Collage, papier , tissu, acier, silicone, crayon de bois, acrylique, papier soie, scotch, kraft (113 x 78)680

2008 œuvre encadrée

Papier collé 071

Collage, papier soie, kraft, émail à froid, acrylique (75 x 110)450

1994

Visage yeux cernés noirs

collage papier et dessin (91 x 63)450

1991

Un monde de passion: peinture, vin, musique, tous les sens de manière exacerbée …

Jean-Paul Friol est né le 12 septembre 1948 à Paris dans une famille modeste. Ses parents, férus de culture et d’art, le familiarise à la peinture, la sculpture la littérature. A l’âge de neuf ans il réalise sa première œuvre en marqueterie, l’ile de Ré, revisitée par des masses colorées. L’art étant toutefois considéré comme un loisir et non comme un métier, sa mère l’oriente et le conditionne à faire des études de médecine. Il se spécialisera en chirurgie de la main, et partagera sa vie entre ces deux amours, la science et l’art.

Autodidacte, figuration et abstraction classiques sont d’abord ses domaines de prédilection. Il explore couleur, lumière et matière sous toutes leurs formes, dans un style naïf et « trash ». Il travaille sans cesse, explorant tous les matériaux avec jubilation. Sa rencontre avec Alain Mancel et Jules Paressant vont lui apporter une confrontation riche d’échanges créatifs.

L’artiste va dès lors s’adonner à une conséquente production de gravures au milieu des années 80. Tout est prétexte à servir cette technique artistique du transfert qui utilise l’incision et l’encrage pour produire une image : anatomie, famille, animaux, pierres précieuses, paysages… Ses épreuves sont majoritairement réalisées en noir et blanc, il s’efforce de travailler conjointement la luminosité du noir et blanc, le contraste des formes et les jeux d’équilibre, générant mouvement et rythme intemporel. Cette période sera ponctuée par l’expérimentation d’un nouveau matériau : le ciment colle, qu’il travaillera jusqu’à la fin.

L’œil qui voit tout, prélève et collectionne ces petits « rien » du quotidien afin de leur redonner une vie au sein de ces compositions et de créer une interaction : « je n’arrive pas à faire un tableau en utilisant seulement de la peinture, j’ai souvent l’impression que c’est le matériau qui commande ». Chaque œuvre retrace une histoire à partir de ces éléments de récupération « tous les objets que j’intègre dans mes tableaux ont histoire. Et même si je suis le seul à la connaitre, ce n’est pas l’important puisqu’ainsi je leur donne une nouvelle existence ». Jean- Paul Friol incarne ainsi l’enfant qui se joue d’un modelage esthétique en mélangeant toutes ces matières, textures et anecdotes afin de générer superposition, couches, rythme, poésie et de permettre une unité dans la multiplicité. «Quand je fais du collage c’est un peu comme si j’écrivais de la poésie ».

Dans ces rencontres de matériaux insolites, celui qui va l’inspirer et ne plus le quitter est la canette de coca écrasée, il va les ramasser de façon systématique et compulsive, pour les intégrer à certaines compositions et va leur dédier une place à part en les isolant afin d’en créer des œuvres figuratives, colorées et autonomes. Les canettes deviennent des personnages variés, les visages se transforment en masques aux grands yeux et cils minutieusement maquillés, aux bouches pulpeuses et habillés de formes géométriques, avec un style naïf, peintes à l’émail à froid. L’utilisation de l’émail à froid et des pigments purs vont l’obliger à inventer une technique particulière: il les présente entre 2 plaques de verre, dans des compositions savamment organisées, pour leur conserver l’éclat maximum de couleur. Dans cette même période, qui correspond à la dernière partie de son œuvre, Jean-Paul va expérimenter le ciment, le béton et les plaques de métal sur toile. Ce travail s’apparente à un relevé d’empreintes ou fouilles archéologiques. Couleurs pures et matières brutes se fréquentent sur la toile, les aplats de béton granuleux deviennent parfois des monochromes dont les fragments révèlent la lumière de l’ombre, incorporant des matériaux patinés et érodés par le temps. La recherche des matières brutes ou mélangées avec des pigments purs, les contradictions de l’opaque et du rugueux et des morceaux de miroirs brisés incrustés et collés comme pour ouvrir sur le monde. Ces oeuvres tendent à donner du toucher au regard, permettent de réinterpréter le quotidien, de matérialiser sa réalité.

« Je prends un réel plaisir à travailler ces matériaux, il faut aller vite et ne jamais se répéter. »

Pauline Friol