Isthme

Peinture

Allongée dans l'herbe #12

Acrylique sur toile (120 x 120)3200

2020

Allongée dans l'herbe #10

Acrylique sur toile (55 x 46)750

2020

Allongée dans l'herbe #5

Acrylique sur toile (50 x 41)750

2020

Allongée dans l'herbe #7

Acrylique sur toile (50 x 41)750

Allongée dans l'herbe #14

Acrylique sur toile (195 x 114)3500

2020

Green Rhapsody #7

Collage (76 x 56)750

2016

Green Rhapsody #9

Collage (76 x 57)750

2015

Territoires Noir/ Blanc #13

Collage (76 x 56)750

2017

Territoires Noir/ Blanc #10

Collage (76 x 57)750

2017

Deep blue #8

Acrylique sur toile (130 x 97)2500

Deep Blue #3

Acrylique sur toile (146 x 114)3200

2020

Deep blue #4

Acrylique sur toile (61 x 50)1000

2020

Cou-Rage #1

Collage (77 x 58)750

Cou-Rage #2

Collage (77 x 58)750

Cou-Rage #3

Collage (77 x 58)750

Territoires Colorés #15

Collage (76 x 57)750

2020

Territoires Colorés #7

Collage (76 x 56)750

Œuvre encadrée montage caisson baguette bois noir

Purple Rhapsody #4

Acrylique sur toile (146 x 114)3200

2016

Venise, un matin

Acrylique sur toile (146 x 114)3200

2019

Installation Nuits en mer #24

Acrylique sur toile montée sur 6 châssis bois indépendant (170 x 180)5500

Installation créée pour l’exposition à la galerie en Juin 2019.
Elle se compose de 6 panneaux de 170cm de hauteur et 25 cm de largeur espacée de 6 cm installés selon le protocole de l’artiste.

Nuit en mer #34

Acrylique sur toile (146 x 114)3200

2019

Nuit en mer IV

Lithographie 1/13 (56 x 76)350

2018 Musée imprimerie de Nantes

Nuits en Mer #4

Lithographie (76 x 56)350

2018 Musée imprimerie de Nantes

Soul Ground #4

Collage sur papier Arches (76 x 57)780

2016

œuvre encadrée montage caisson papier flottant baguette chêne

Nuit en mer III

Lithographie 4/25 (69 x 53)480

œuvre encadrée montage caisson baguette chêne

2019 Musée imprimerie de Nantes

Portrait de Isthme

« Peindre est ma respiration. Elle m’est vitale. Elle agit comme une force … Ma peinture est alors ivresse, réjouissance et grâce comme vertige ou torpeur. » Isthme

Interview Décadrée de Isthme par la Galerie Gaïa

Biographie

Isthme, de son nom d’artiste, travaille sur les bords de Loire, à Nantes, où elle est née en décembre 1963.
Elle suit d’abord des études de Sciences Politiques à Bordeaux puis en Aménagement et Gestion de Projets Urbains à Paris. Durant une dizaine d’années, elle exerce dans plusieurs cabinets et collabore à Paris avec des architectes et paysagistes.

Au cours de ses études à Bordeaux, elle fréquente les expositions du CAPC, anciens entrepôts à vin réhabilités pour accueillir d’importantes expositions d’artistes contemporains. Ses premiers grands chocs artistiques sont ressentis là lors de l’exposition monumentale d’Anselm Kieffer puis de celle de Richard Long en 1985. Elle en sort bouleversée tant par la monumentalité des œuvres de Kiefer que par la pureté des formes de celles de Long. En parallèle à son activité professionnelle, elle suit des cours de dessins et de peinture à la cité des artistes d’Auvers-sur-Oise.

En 2000, elle part vivre en famille à Montréal, au Canada, où elle obtiendra la nationalité canadienne. Et, c’est à partir de cette année- là qu’elle s’engage définitivement dans une carrière artistique, passant trois années à l’École des Beaux-Arts Appliquées Saydie Bronfman de Montréal. De son premier métier, elle garde la passion et le goût pour l’espace, les lignes épurées, les pleins, les vides, les transparences, les opacités…

Les références qui nourrissent son travail artistique sont larges et se portent autant vers les bâtiments des architectes comme

Mies Van Der Rohe pour le Less is more, du japonais Tadao Ando pour la lumière que la sculpture de Richard Serra ou de Dani Karavan pour leurs interventions minimalistes sur l’espace public, ou encore la peinture du Color Field Painting (Robert Motherwell, Clyfford Still, Charles Pollock) et la peinture contemporaine de Lee U Fan, artiste coréen, Pierre Soulages, Fabienne Verdier, Geneviève Asse sans oublier les encres de Gao XingJiang.

Isthme a sa première exposition à Montréal en 2003 avec une dizaine de peintures et de dessins. Entre 2003 et 2007, elle expose dans plusieurs galeries et centres d’art montréalais avant de rentrer en France pour s’installer à Nantes, sa ville natale, et vivre à proximité de l’océan. Elle est une passionnée de voyages au large à la barre de voiliers. Elle navigue dès qu’elle le peut en Atlantique et en Méditerranée. Elle a à son actif plusieurs traversées de l’océan atlantique. Plusieurs séries de toiles, Nuits en Mer, et de dessins, Traversée ou Estuaire, ont émergé de ces moments océaniques.

Après avoir été sélectionnée plusieurs années dans les salons parisiens de Garches et Réalités Nouvelles et de nombreux centres culturels d’art, elle rejoint en 2018 la galerie nantaise Gaia. Celle-ci lui organise une première exposition individuelle en juin- juillet 2019.

Isthme est présente dans de nombreuses collections privées en Amérique du Nord et en Europe.

La démarche artistique

« Je réalise peu d’esquisse avant de me lancer sur une toile. Je ne pars pas à l’aveugle pour autant. J’ai toujours une « vision-intuition » qui me permet de poser un premier jet sur une grande toile d’au moins un mètre soixante pour aller chercher le geste le plus ample, vivant, et généreux possible. Il s’agit dans cette première étape du travail d’aller à la recherche d’une forme et de sa couleur. Puis à partir de celle-ci, débute ensuite le lent et long travail de composition, d’agencement où chaque ligne doit répondre à une autre, où le petit détail est aussi important que le grand, où chaque couleur doit trouver sa proportion. Ce travail d’ajustement et de remise en cause continue se fait jour après jour jusqu’à ce qu’un équilibre formel et coloré s’impose sur le tableau. Le temps n’a pas d’emprise. L’enjeu dans cette étape est de conserver la fraîcheur, la spontanéité du début.

Chaque toile est alors une aventure qui possède sa propre histoire, sa propre mémoire. Cette « vision-intuition » trouve sa source dans la nature lors d’une escapade en mer, une balade en forêt ou dans un grand paysage et qui est restée là, quelque part dans ma mémoire. Je pense à mes séries comme Voyage en Argolide, Nuits en Mer ou celle sur laquelle je travaille actuellement Allongée dans l’herbe. Cette dernière a surgi l’été dernier dans le sud de la France sur les bords du Rhône lors d’un moment dans l’herbe à regarder les éclats de lumière entre les feuilles des platanes. Alors est née l’envie

de transcrire sur la toile cette lumière et avec elle, la jouissance de cette vision. Dans ces toiles, c’est le contraste du clair- obscur que je recherche en laissant de grandes zones foncées de la couleur vert- de-vessie jouxtées des blancs bleutés. Mais ici, la lumière provient de l’arrière du tableau, comme dans les vitraux des églises.

Mon objectif pictural est de réussir à partager des sensations communes de nature ou des sensations plus inédites (série Nuits en Mer) lorsqu’il s’agit de moments vécus la nuit à la barre d’un bateau. La peinture est alors un miroir : sensation de l’artiste-œuvre-sensation du spectateur. Cette approche est très matisséenne dans le sens où le tableau est une émergence, une ouverture vers quelque chose d’autre, un au-delà. Les éclats de blancs bleutés de mes œuvres sont une invitation à plonger dans ceux- ci et même à s’envoler au travers. Cette invitation me séduit.

Pour résumé, mon travail artistique actuel est à la fois le résultat d’une « vision-intuition » suivi d’un travail d’ordonnancement des couleurs et des formes. Sans la sensation, ma peinture m’apparait comme désincarnée, sans la pensée, elle flotte. Si je voulais m’inscrire dans un courant artistique, je dirais que mon travail chemine vers une abstraction sensible. »

Isthme

La démarche d’Isthme est toute d’équilibre entre improvisation sensible et rigueur intellectuelle, entre construction purement plastique et frémissement d’une vision naturelle transposée par la poésie, entre suggestion et évidence picturale, entre abstraction et allusion à une réalité elliptique.

Les collages, les peintures sur papier, les toiles de grand format, conçues en diptyques et en polyptyques jusqu’à constituer des séries qui viennent s’imposer au regard dans les belles architectures où Isthme les expose, deviennent le médium d’une seule et même démarche. Les collages s’assemblent et se juxtaposent comme des « fragments de nature », d’une nature qui se trouverait ici reconstituée dans un ordre inattendu et personnel, par une vision plus proche de la réalité sensible qu’une restitution fidèle du monde. Les déchirures des papiers introduisent le hasard et la fulgurance, même si la position réfléchie de chaque morceau du collage et l’équilibre dynamique de la composition semblent être l’objectif principal d’Isthme.

Isthme fait jouer des accords audacieux, accords de complémentaires en apparence mais savamment détournés et enrichis par des tons inattendus. Les couleurs sont portées par une écriture très libre selon une approche assez rationnelle du chromatisme et pour une proposition novatrice et personnelle de l’harmonie et du rythme plastique.

Dans ses peintures abstraites et radicales, qui ne semblent n’avoir ni haut ni bas, c’est la sensation spatiale qui domine, et la dispersion des éléments colorés sur la surface, quelle qu’en soit l’étendue, laisse à penser que nous sommes devant un détail ou un fragment d’une œuvre beaucoup plus grande encore. L’écriture, comme bribes d’un discours de formes colorées traversant la surface, évoquent des sons qui résonneraient dans le vaste espace de la mémoire.

Toutes ces incursions dans les différentes techniques et les champs de création sensiblement mais méthodiquement, explorées constituent une œuvre nouvelle et originale où la volonté intellectuelle règne mais où la main est toujours présente.

Daniel Lacomme