Le concert dans l'oeuf de Jérôme Bosch


source pour la réalisation de L'oeuf

L'oeuf


sténopé

extrait de l 'oeuf


Eric Marais


photographe


Sébastien Gazeau - journaliste et critique d’art
Oserait-on dire qu’Eric Marais pratique la photographie en moraliste et que ses photographies se prêtent volontiers à des exercices spirituels ?
L’espièglerie dont il fait preuve pour mettre en scène, dans des coquilles d’œuf utilisées comme chambres noires, des extraits du Concert dans l’œuf longtemps attribué à Jérôme Bosch ne doit pas faire illusion.
Les personnages que l’on voit représentent ces fous décrits par Erasme dont le peintre s’inspira, des êtres insensibles aux mystères de la vie. La photogra- phie, comme la peinture, est au contraire un exercice pour prendre conscience de la réalité de nos existences et méditer sur les apparences.
Quand l’image devient geste
Si le temps est la grande affaire de la photographie, si la traduction qu’en donne Eric Marais sonne souvent comme un memento mori, il en tire cepen- dant d’autres leçons.
La manière dont il pratique le sténopé s’apparente à une performance qu’il décline en dispositifs. Ceux-ci peuvent prendre la forme de masques dont les visions importent moins que l’action nécessaire pour les révéler. Ailleurs, ce sont des Boites noires accrochées pendant un an dans divers lieux dont les images comptent moins que l’expérience d’être regardé.
Ses installations nous apprennent alors que l’autre grande affaire de la photo- graphie, c’est le corps, celui qu’il faut engager pour que l’acte photographique devienne geste artistique.
Et s’il doit rester des traces de tout cela, Eric Marais veille à ce qu’il s’agisse d’œuvres uniques. Non pas des reliques, mais de beaux objets, de beaux ti- rages, comme un ultime moyen d’émerveiller.